Le jeu du détrôné.

Meurtre au poulailler

Le détrôné est un jeu d'écriture assez simple. Il suffit d'écrire un texte de maximum 500 mots sur un sujet imposé et en respectant des contraintes.

Lors de cette partie, le sujet était : Vous êtes une poule.

Et les contraintes :

- Votre texte doit contenir au moins trois personnages,

- Il doit y avoir au moins une asyndète (à mettre en gras dans le texte),

- Il doit y avoir un meurtre.

 

Mon texte :

 

La vie s’écoulait paisiblement au poulailler. Chaque jour, Patrick saluait le soleil de son chant. Son puissant cocorico résonnait longuement sur les campagnes environnantes et lui permettait d’affirmer son statut de propriétaire des lieux.
Cocorette et ses amies Caquette et Cocotte se réveillèrent en sursaut et se mirent à rouspéter.

— J’en ai marre de ce Patrick, il se casse la voix et il nous casse les oreilles ! rouspéta Cocotte en gonflant ses plumes.

— Allez, les filles, il est l’heure de se lever, caqueta dame Galinette en les poussant hors du nid. Le soleil est levé, le coq a chanté.

—Ah ça, on a entendu, merci, râla Caquette.

Cocorette se tourna dans le nid et lui montra son croupion en marmonnant :
— Ce matin, je reste au nid ! Pourquoi doit-on se lever à l’aube si c’est pour tourner en rond toute la journée ?

Galinette la piqua de son bec et battit des ailles, mécontente. Elle chassa les trois poulettes récalcitrantes.

— Dehors ! Pas de mutinerie dans mon poulailler ! Si vous n’êtes pas sage, le renard viendra vous croquer !

Elles sortirent, bon gré, mal gré et picorèrent leur petit-déjeuner. Coquille d’œuf, le poulet, vint les narguer :

— Peuh, dame Galinette vous impressionne encore avec ses histoires de renard ?! C’est bon pour les poussins à peine sortis de l’œuf, mais moi, le renard, il ne me fait pas peur ! J’ai un bec solide, des ergots pointus, ce n’est pas un bête renard qui va me faire peur. Si encore, il savait voler…

— Tu peux fanfaronner, Coquille d’œuf, mais le soir venu, tu es toujours un des premiers à te mettre à l’abri dans le poulailler, se moqua Cocorette en battant des ailes vers le bec de son interlocuteur.

— C’est vrai, ça, renchérit Caquette. Si tu es si fort, va donc passer la nuit en forêt.

Coquille d’œuf passa la journée enfermé dans la grange avec son ami Plumes au vent. Quand ils en sortirent, ils tiraient derrière eux un piège à renard qu’ils dissimulèrent dans la haie, entre le poulailler et la forêt.

Coquille d’œuf servit d’appât pendant que son ami, perché sur une branche, guettait l’arrivée du renard. Ils n’attendirent pas longtemps. Le renard tourna autour du piège et y entra la tête. Aussitôt, le mécanisme se déclencha et le renard se retrouva emberlificoté dans les barbelés. Coquille d’œuf fit basculer le marteau qui vint heurter l’animal en plein front et le tua net.

— Hourra ! crièrent les vainqueurs.

Ils ramenèrent leur proie au poulailler et furent entouré par tous les habitants de la basse-cour à qui ils racontèrent leur exploit. Les trois poulettes ne ricanaient plus du tout, au contraire, elles le regardaient avec admiration.
Coquille d’œuf gonfla la poitrine et lança un long cri de victoire vers le ciel. Un cri déchirant, rauque, rien qui ressemble à un chant.

Dame Galinette leva les yeux au ciel, haussa les ailes d’un air résigné et soupira :

Tel père, tel fils !